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AISLF ->>> Mémoire

Jean-Michel BERTHELOT

Jean-Michel BERTHELOT est entré au Bureau de l’AISLF en 1982 ; il en a été le secrétaire général de 1992 à 2000.
Il est à l’origine du Bulletin annuel (21 numéros entre 1985 et 2005) et de la Lettre de liaison des CR et GT (1995 à 2001, 7 numéros, périodicité variable).
Il a créé le CR 07 « Modes et procès de socialisation » en 1984 et en est resté le responsable jusqu’en 1998.
En 1995 il met en place un « GT en voie de constitution » sur le thème « Logique, méthodologie et théories de la connaissance » qui prendra ensuite le numéro 11, et sera transformé au Congrès de Québec en CR n°26, avec le même intitulé.

Communiqué de la Présidente de l’AISLF, Monique Hirschhorn

Chères amies, chers amis,

J’ai la très profonde tristesse de vous annoncer la mort de Jean-Michel Berthelot. Si je vous écris pour vous en faire part, c’est que Jean-Michel Berthelot, comme le savent la plupart d’entre vous, a joué un rôle fort important à l’AISLF.
Rentré au bureau en 1982, il est élu secrétaire général de 1992 à 2000 et, dans le prolongement de l’action entamée par les secrétaires généraux qui l’ont précédé, Claude Javeau, Walo Hutmacher, publie le Bulletin annuel, puis crée en 1995 la Lettre de liaison des CR et GT. Ceux qui l’on lu se souviennent de son écriture élégante, précise, sensible.
Il avait également crée en 1984 le CR 07 « Modes et procès de socialisation » dont il restera un des responsables jusqu’en 1998, ainsi qu’en 1995 le GT « Logique, méthodologie et théories de la connaissance » devenu à Québec en 2000, le CR 26, contribuant par là au dynamisme scientifique de notre association.
Ayant commencé ses travaux par une sociologie du système français d’éducation, il s’était ensuite tourné vers l’épistémologie des sciences sociales qu’il avait renouvelée en publiant deux ouvrages majeurs : en 1990 L’intelligence du social, en 1996 Les vertus de l’incertitude. Nous lui avions demandé de donner une communication dans la plénière « Repenser la sociologie » du congrès de Tours et il avait accepté avec enthousiasme d’intervenir sur ce thème qui rentrait en résonance avec ses préoccupations scientifiques. La maladie ne lui a pas permis de participer au Congrès et c’est Pierre Demeulenaere qui, à sa demande, l’avait remplacé. Nous venions à nouveau de lui demander d’intervenir dans notre prochain congrès à Istanbul pour faire dans la dernière plénière une synthèse critique, exercice dans lequel il aurait excellé.
Son engagement dans notre association reflétait l’importance qu’il y accordait, d’abord d’un point de vue scientifique, mais aussi d’un point de vue humain. Je ne crois pas trahir sa pensée en disant qu’il y voyait un espace scientifique ouvert, stimulant, mais aussi, et cela été essentiel pour lui fraternel. Il n’est plus parmi nous, mais nous ne l’oublierons pas. C’est la force de notre association que cette mémoire partagée.

Monique Hirschhorn

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Communiqué du Président de l’Université de Toulouse Le Mirail

Chères collègues, chers collègues,

J’ai l’immense tristesse de vous annoncer le décès de notre anciern collègue Jean-Michel Berthelot à l’âge de 60 ans. Normalien et agrégé de philosophie, il a été recruté comme professeur de sociologie dans notre université en 1982, après y avoir enseigné une année comme assistant. Spécialiste de sociologie de l’éducation et des systèmes scolaires, il a fortement contribué à développer ma recherche dans ce domaine. Il s’est tourné dans les années 1990 vers l’épistémologie des sciences sociales, domaine qu’il a contribué à redéfinir par des ouvrages majeurs (en particulier L’intelligence du social, 1990, Les Vertus de l’incertitude, 1996 et Épistémologie des sciences sociales, 2001). Il avait acquis, en sociologie et au-delà, une renommée internationale.

Directeur du CERS, responsable de la formation doctorale, directeur de l’UFR e sociologie, il s’est enaagé avec force et intelligence dans le développement de la sociologie à Toulouse. Membre du Conseil scientifique de l’université, il fut en 1992 l’un des membres fondateurs de l’Institut des Études Doctorales, préfiguration de nos actuelles écoles doctorales. Il faut enfin souligner son engagement pédagogique. Convaincu de l’importance de la transmission du savoir, il s’est engagé avec force pour que recherche et formation universitaire soient toujours liées. Il a en particulier dirigé de nombreuses thèses dont les titulaires enseignent à présent dans diverses universités en France et dans le monde.

Président du jury de l’agrégation de sciences sociales, il a su, comme dans ses enseignements, y insufler rigueur, exigence et compréhension. Enfin il aura œuvré sans relâche pour le développement international de la recherche universitaire francophone, notamment comme secrétaire général de l’Association internationale des sociologues de langue française.

Nommé en 1997 comme Professeur à la Sorbonne, d’abord à Paris V, puis à Paris IV, il a quitté notre université, mais nous avons toujours conservé pour lui une reconnaissance sincère. Sa passion de la pédagogie, sa rigueur scientifique alliée à un engagement constant auprès de ses étudiants ont frappé tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui. Pour beaucoup d’entre nous, il était avant tout un mai attentif et bienveillant.

Les obsèques civiles auront lieu, mercredi 8 février à 15h au cimetière de Figuer dans l’Ariège.

Je vous prie de croie en mes sentiments tristes et cordiaux.

Rémy PECH

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ÉLOGE FUNEBRE EN L’HONNEUR DE JEAN-MICHEL BERTHELOT
Prononcé au cimetière de Siguer (09), le mercredi 8 Février 2006 par Daniel Filâtre

Par un dimanche brumeux de février, tu nous as quitté Jean-Michel et nous sommes nombreux parmi la communauté des sociologues de Toulouse, de France et du monde entier à ressentir une profonde émotion et une immense tristesse de ce départ injuste auquel nous avons encore peine à croire.
Pour nous, tu étais la vie, le dynamisme et la rigueur intellectuelle, l’amitié et l’écoute, la bienveillance et l’exigence mais surtout pas la mort !

En osant prononcer cet éloge en notre nom à tous, tes amis de l’Institut des sciences sociales de l’université de Toulouse Le Mirail et celles et ceux de l’Association Internationale des sociologues de langue française, je sais d’avance que je ne pourrais dire tout ce que nous avons aimé en toi, tout ce que nous te devons et tout ce que nous perdons aujourd’hui !
Notre douleur, nos infinies tristesses se déclinent d’abord au souvenir de tes vives qualités intellectuelles et humaines, ancrées dans la générosité et la disponibilité, l’ouverture et la tolérance, le goût du débat associé à une quête permanente de justesse et de justice.

Normalien et agrégé de philosophie, tu es venu à la sociologie par l’observation du système scolaire lotois depuis que tu avais été nommé professeur au lycée Clément Marrot à Cahors. Philosophe, ouvert sur la question sociale, tu n’es pas resté insensible aux injustices du système scolaire. Et l’intellectuel que tu es, s’est engagé avec force et passion dans la question de l’orientation des élèves dans les différentes filières pour énoncer l’intelligibilité du monde scolaire. C’est à cette époque que tu es venu rejoindre l’université de Toulouse Le Mirail et travailler avec Raymond Ledrut qui te proposa un poste d’assistant. Tu publieras ta thèse d’état par un ouvrage dont le titre « Le piège scolaire » est significatif.

En 1982, ton dynamisme intellectuel, ton sens de la pédagogie et la qualité de tes travaux te conduisent à être nommé à 37 ans professeur des universités à Toulouse Le Mirail. Succédant à Raymond Ledrut, tu prendras la direction du CERS (Centre d’Études et de Recherches Sociologiques), où tu développeras une ambition reconnue à structurer collectivement l’activité de recherche autour de nombreux doctorants et collègues dont plusieurs sont ici aujourd’hui. Les nombreux témoignages qui nous sont parvenus confirment tous ta qualité de pédagogue : écouter, accompagner plus que conduire, conseiller et offrir de nouvelles perspectives de recherche tout en laissant à chacun et chacune la liberté de ses orientations.

Ce faisant, tu poursuivras avec détermination et culture tes propres lignes de recherche.
• D’abord en sociologie de l’éducation, tu chercheras à analyser les changements du système scolaire en t’intéressant à la mise en forme des itinéraires de vie.
• En sociologie du corps où ton observation se focalisera sur les modes de construction et de fonctionnement de la corporéité dans le monde contemporain.
• Enfin et surtout tu auras consacré une grande partie de ta carrière de recherche à l’histoire de la sociologie, à l’épistémologie des Science sociales et à la sociologie des sciences, en particulier à travers l’étude des modalités logico-cognitives d’élaboration des connaissances. C’est évidemment dans ce domaine que tu auras contribué de manière magistrale au développement de la sociologie et de l’épistémologie des sciences sociales.

Ton œuvre – car il s’agit bien d’une œuvre – devient impressionnante :
- L’intelligence du social – PUF – 1990
- La construction de la sociologie – PUF – 1991
- École, orientation, société, PUF, 1993
- Durkheim, l’avènement de la sociologie scientifique, PUM
- Les valeurs de l’incertitude, PUF, 1996
- Épistémologie des sciences sociales – PUF, 2001
- Les figures du texte scientifique – PUF – 2004
Ces publications sont nombreuses et reconnues dans le champ de la sociologie et de la philosophie des sciences sociales, en France et à l’étranger.

Ta sociologie te ressemble. Nombreuses sont les images qui me viennent à l’esprit. Tes conférences, tes exposés avaient tous la même force et une grande clarté. Hier, avec le Président de l’université Rémi Pech, nous regardions les 3 photographies de toi au dos de ton ouvrage sur l’épistémologie des sciences sociales : trois photographies d’un homme engagé dans la réflexion intellectuelle, dans la démonstration, dans l’explicitation. Elles te ressemblent ces photos car au-delà de l’aspect physique, elles témoignent de ta volonté de prouver l’essence de l’entreprise de connaissance. Dans l’avant propos de ton ouvrage sur « les valeurs de l’incertitude », tu nous livres ta foi en écrivant ceci « Nous aimerions que ce livre soit lu comme un roman policier … une réflexion authentique à la recherche d’un point… » Voici ta foi : une foi dans l’entreprise de connaissance où, parce que l’ordre intelligible est toujours un pari, il doit s’appuyer sur la démarche scientifique, sur des certitudes et des outils…

Voici l’une de tes leçons. Disciple averti et critique de Durkheim, tu t’intéresseras sans cesse à la manière de faire de la science : qu’est ce que penser, réfléchir, analyser ?
Cette foi se conjuguera – presque par évidence ou vocation - dans ton enseignement – j’y reviendrais. Pour autant, tu t’intéresseras aussi l’action car – pour toi Jean-Michel – le monde n’est pas seulement l’espace du connaître – il est aussi et d’abord celui de l’agir. Tu chercheras donc comme intellectuel, comme sociologue et aussi comme universitaire, à matérialiser dans ta vie cette problématique vivante des relations entre production de connaissances et usage social en l’appuyant sans cesse sur une éthique de l’argumentation, seule capable de renouveler notre appréhension des valeurs, qui comme tu nous l’as écrit doivent être conçues « non plus comme des guides d’action transcendants, mais comme l’élaboration problématique d’une normativité historique accompagnant nécessairement le cours de toute action humaine » (LVI p.260)

Toute ton œuvre respecte ainsi ces trois principes :
- expliciter les formes prises par le pluralisme explicatif au sein des sciences sociales tout en réfléchissant à ses limites,
- fonder la connaissance sur la rigueur avec le souci de maintenir les valeurs d’universalité qui ont toujours été au cœur de ses convictions profondes.
- concilier connaissance et engagement.

Ton engagement auras été une constante de ta vie professionnelle. Tu as toujours assuré l’université de ta disponibilité. Ainsi à l’université de Toulouse Le Mirail, tu auras dirigé l’UFR de sociologie devenu Institut des sciences sociales « Raymond Ledrut » en hommage à son fondateur, le CERS dont tu auras avec intelligence, rigueur et fidélité, mené l’histoire collective pendant 15 années. Tu as été à plusieurs reprises membre de nos conseils d’université – et nombreux sont celles et ceux qui se souviennent de la justesse et de la pertinence de tes analyses et de tes interventions. Enfin, tu as développé des enseignements à tous les niveaux de formation universitaire avec la même intelligence.

Convaincu de l’importance du savoir pour fonder le développement humain, tu as toujours été, Jean Michel, un pédagogue reconnu et apprécié. Sans doute du fait de ton propre parcours d’excellence et de travail, tu n’as jamais cessé de croire en la pédagogie. Sachant mêler l’humour à la rigueur, le récit à la formalisation pour rendre séduisants et compréhensibles les parcours argumentatifs les plus ardus, tu t’es investi sans relâche dans la formation et je suis convaincu de la richesse de ce que tu as semé dans l’esprit de celles et ceux que tu as contribué d’une manière ou d’une autre à former.
À titre personnel, je me souviens de ce que je te dois dans ce domaine. Je me souviens également de ton attention, discrète et efficace. C’est toi qui un jour de printemps 1997 m’auras convaincu de me mettre à l’écriture de mon HDR – parce que, me disais tu – il est temps que tu écrives la synthèse de tes travaux ! Merci de ce soutien.

Tu as également – durant plusieurs années – accepté la présidence du jury de l’agrégation de sciences sociales où tu as toujours soutenu avec force l’indispensable association de la formation et de la recherche, de façon à ce que les professeurs de demain ne perdent pas de vue l’inachèvement des savoirs à transmettre et qu’ils aient le souci de leur renouvellement.
Convaincu de cela, tu auras joué un rôle reconnu dans ce domaine, développant les grandes conférences à Toulouse Le Mirail. En 1992, tu fus l’un des membres fondateurs de l’Institut des Études Doctorales, préfiguration de l’organisation des études doctorales et de l’ouverture du savoir vers la cité.
Comment dire toute ta contribution au savoir et à l’université ? La nuit nous gagnerait sans que je puisse en décliner toutes les modalités. Nous te devons beaucoup Jean Michel. Pour moi et bien d’autres, tu auras été l’un des acteurs majeurs du développement de la sociologie à Toulouse. Nous avons tous compris ton départ en 1997 vers ce poste à Paris V. La mobilité est une chose nécessaire dans notre monde car elle ouvre de nouvelles ressources pour la recherche.

Mais tu ne nous auras jamais vraiment quittés – tu le savais. Pour ma part, à chaque fois que je te revoyais sur Paris ou dans l’avion entre Paris et Toulouse, ou bien dans ces voyages à l’étranger pour l’AISLF, nous échangions avec un immense plaisir. Et je découvrais – parfois avec stupeur - que tu connaissais déjà toutes les nouvelles de notre vie toulousaine et ta passion à les commenter démontrait que toi non plus tu ne nous avais pas quittés.

Ta présence à Toulouse s’est également poursuivie par ton investissement au sein de l’AISLF. Entré en 1982 à l’AISLF, tu en es devenu de suite l’un des membres les plus actifs. Secrétaire général de 1992 à 2000, tu t’es associé avec Renaud Sainsaulieu – qui lui aussi nous a tragiquement quitté il y a quelques années – Liliane Voyé et Daniel Mercure pour développer notre association et en faire la tête d’un réseau scientifique de renommée internationale. À cette responsabilité de secrétaire général, tu auras œuvré sans relâche pour le développement international de la recherche universitaire francophone et son élargissement à tous les pays. Nombreux sont celles et ceux, dans le monde entier, qui auront été profondément atteint de tristesse et d’incrédulité, à l’annonce de ta mort.

Pour nous, à l’AISLF, tu ne pouvais pas nous quitter. Les messages sont nombreux – de France, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Afrique, du Maghreb, d’Asie sur le serveur de l’AISLF, dans ce secrétariat que tu as tant fréquenté, pour témoigner de la peine profonde des membres de l’association, de leur immense reconnaissance, de leur amitié. Car ta rigueur scientifique s’est toujours alliée à un sens de l’autre, à une écoute bienveillante et à un souci de la convivialité.
Tu auras toujours honoré avec une grande joie, un talent reconnu de danseur endiablé et beaucoup d’humour, les festivités de l’AISLF. Tu auras su également comme secrétaire général assurer une grande qualité d’échange avec tous les membres et les responsables des comités de recherche et des groupes de travail – dans le monde entier. Puisque je les représente ici, sois assuré de notre immense reconnaissance et de notre hommage.

Ton engagement s’est également opéré dans de multiples responsabilités éditoriales : secrétaire général des Cahiers Internationaux de Sociologie, membre de plusieurs comités de rédaction de revues de sociologie françaises et étrangères, tu as co-dirigé une collection aux Presses Universitaires de France et aux P.U.M.
Ces très nombreux engagements témoignent d’une existence riche et ouverte, à la fois actuelle et permanente. À Paris, tu as poursuivi ce travail universitaire avec la même intelligence, avec la même foi. Ton investissement à Paris V est reconnu car cette mobilité reposait sur un projet intellectuel ambitieux et fondé pour la recherche sociologique.
Ta nomination, il y a 3 ans à l’université de Paris IV, en tant que titulaire de la chaire des sciences sociales et de sociologie, succédant à Raymond Boudon consacrait ta renommée et l’excellence de tes travaux scientifiques. Elle était pour toi également la réalisation d’un grand rêve intellectuel mais aussi personnel.

Cette consécration ne t’a jamais empêché de conserver tes attaches toulousaines où tu as continué de résider. Ces derniers temps, pris par la maladie, par cette rechute à laquelle tu ne voulais croire, tu avais choisi de te battre. La dernière fois que nous nous sommes vus, au tout début de l’été, tu me confiais ta sérénité face à cette épée de Damoclès et – de fait – ta volonté farouche de lutter pour continuer de travailler et d’écrire. Ces derniers mois, tu as choisi de placer toutes forces
- dans cette lutte et – en même temps - cet espoir indéfectible pour combattre la maladie
- dans cette passion pour l’écriture scientifique autour de l’achèvement d’un ouvrage sur la sociologie des sciences
- dans l’immersion fusionnelle et affectueuse avec ta famille qui comptait tant pour toi.

Aujourd’hui, malgré ta lutte, le soutien de ta famille et l’engagement des équipes médicales, la maladie a eu – tragiquement et injustement – raison de toi. Tu nous as quittés et en même temps, nous ne pouvons le croire. Ton acharnement pour l’effort de connaissance, pour dire la science et l’enseigner fait que nous sommes nombreux à être convaincus que tu es encore pour longtemps avec nous. Nous conserverons de toi une reconnaissance sincère pour ton engagement et pour ton œuvre. Mais surtout, parce que, pour beaucoup d’entre nous, tu étais avant tout un ami, nous ne saurions t’oublier.

Ton corps reposera désormais dans l’unité sinistre de la nuit, mais, par ton œuvre, multiple, éblouissante et heureuse, par ta bienveillance et ton amitié, tu resteras pour longtemps encore, là où le jour luit toujours, parmi nous.

Au nom de toutes et tous, reçois cher Jean-Michel, l’expression entière de notre reconnaissance et de nos remerciements, de notre attachement, de notre indéfectible souvenir, et enfin de notre profonde amitié.

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Un philosophe « saisi » par la sociologie par Monique Hirschhorn

Jean-Michel Berthelot nous a laissé une œuvre inachevée mais considérable dont l’originalité et l’importance semble moins tenir à la mise en œuvre d’un cadre d’analyse spécifique - même si, de ce point de vue, son apport à la sociologie de l’Éducation (Berthelot 1983a, 1987, 1993a, 1993b, 1996) et à la sociologie du corps (Berthelot 1983 b, 1985, 1992,) est loin d’être négligeable - qu’au choix de développer une réflexion épistémologique, centrée initialement sur la sociologie, mais rapidement élargie à l’ensemble des sciences sociales et humaines. Sa formation initiale n’est évidemment pas étrangère à ce choix. Normalien et agrégé de philosophie comme l’ont été la plupart des sociologues de la génération précédente à la sienne, c’est en philosophe qu’il a abordé la sociologie. Mais il ne faudrait pas s’y tromper. Il n’a pas été un philosophe « faisant de la sociologie », comme le sont nombre de philosophes contemporains qui prétendent tenir un discours sur la réalité sociale en oubliant que le détour par l’empirie n’est pas accessoire, mais indispensable. Il a été un philosophe « saisi » par la sociologie - ses travaux empiriques en témoignent- mais, gardant de sa discipline de départ, un intérêt particulier pour la manière dont est produite la connaissance sur la réalité sociale. C’est ce qui l’a conduit, en 1990, vingt deux ans après la publication par Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon, Jean-Claude Passeron de ce grand texte de référence qu’a été Le métier de sociologue, d’aborder à son tour l’épistémologie et la méthodologie de la sociologie. Mais, à l’inverse de ces prédécesseurs, il n’a pas voulu réécrire Les règles de la méthode sociologique dont il venait au demeurant deux ans plus tôt de publier une nouvelle édition critique précédée d’une étude originale « Les règles de la méthode sociologique ou l’instauration du raisonnement expérimental en sociologie ». Il ne s’est pas donné comme projet de refonder la sociologie. Il n’a pas voulu refaire un texte programmatique dont Pierre Bourdieu lui-même a souligné les insuffisances. Plus simplement et, oserait-on dire, plus efficacement, il a voulu analyser la sociologie telle qu’elle existe et montrer sa légitimité à produire une connaissance scientifique du social.

Ce projet, qui le conduira à publier trois ouvrages majeurs : en 1990, L’intelligence du social ; en 1996, Les vertus de l’incertitude, et enfin, à titre posthume, en 2008, L’emprise du vrai, n’a cependant pas été pas son choix initial. Son premier livre, Le piège scolaire, tiré de sa thèse d’État, porte sur un tout autre sujet puisque l’objet empirique est le fonctionnement du système scolaire français depuis 1959. Il serait pourtant inexact de croire qu’existe une solution de continuité entre cet ouvrage et ceux qui viennent d’être cités. Le piège scolaire n’est pas en effet une recherche purement empirique, même si la part faite aux enquêtes quantitatives et qualitatives est importante. Prenant comme point de départ un fait polémique au regard des théories de l’Ecole reproductrice alors dominantes, à savoir le mode de scolarisation des élèves venus du monde rural, et procédant à l’analyse de la structure du champ social définissant ce mode, Jean-Michel Berthelot est amené à montrer les insuffisances des modèles explicatifs existants et la nécessité d’un élargissement théorique. C’est donc déjà en épistémologue qu’il traite dans le chapitre premier de cet ouvrage de ce qu’il appelle « la dérive du fonctionnalisme » et explique comment un modèle heuristique des relations entre un système et ses éléments peut se transformer indûment un modèle d’explication des relations. La structure du champ scolaire n’est alors plus référée au procès de structuration dont elle est issue, mais devient un instrument au service d’une fin. C’est aussi en épistémologue que, dans l’avant-dernier chapitre de ce même ouvrage, il démontre la faiblesse de l’explication de la relation entre positionnement social et positionnement scolaire par la théorie de l’héritage culturel et rend compte des raisons de son succès par la mobilisation idéologique de l’opposition entre nature et culture.

Avec ce travail de grande ampleur dont l’aboutissement a été une théorie sociétale du procès de scolarisation, Jean-Michel Berthelot avait indéniablement réussi un coup de maître. Sa théorie, dont la portée n’a peut-être pas été assez reconnue par la sociologie de l’École, est en fait devenue un des acquis de celle-ci. Elle a consacré l’effondrement des théories de la reproduction et a permis le développement de nouvelles orientations aussi bien sur le plan théorique qu’empirique. Mais, après une telle réussite, il était manifeste qu’il n’y avait plus pour lui d’autre voie possible, en dehors de refaire une opération de même envergure, ce qu’il a pour une part tenté avec la sociologie du corps, que de prolonger sa réflexion sur la difficulté des sociologues à analyser le fonctionnement du système éducatif français en examinant non plus la pertinence de théories appliquées à un domaine particulier, mais celle même des instruments de pensée dont disposent les sociologues pour penser la réalité sociale. Ce faisant, il a été conduit à s’interroger sur l’existence en sociologie d’un pluralisme explicatif qui affaiblissait le discours des sociologues alors même que, comme il le soulignait, la demande d’un savoir sur la réalité sociale était renforcée par le développement de l’incertitude sur l’avenir de la société.

Mais « saisi par la sociologie », cette discipline dont il avait, dans Le piège scolaire, montré la capacité de déchiffrement de la réalité, convaincu par sa propre pratique de la légitimité de celle-ci à produire un discours scientifique, il n’a pas adopté, comme il aurait pu en avoir la tentation, un point de vue normatif. Autant qu’en épistémologue, c’est en sociologue de la science qu’il a abordé ce problème. À la différence de Raymond Boudon (1979) qui, réduisant le pluralisme à l’affrontement entre le holisme et l’individualisme, en avait fait à la manière de Gurvitch (1950) un de ces faux problèmes dont la sociologie doit se débarrasser, il a considéré le pluralisme explicatif comme un état de fait dont il faut rendre compte. De même qu’il avait voulu dans Le Piège scolaire montrer comment fonctionnait réellement le système scolaire français, il a voulu dans L’intelligence du social montrer comment fonctionne réellement l’explication en sciences sociales, d’où son choix de prendre comme matériaux d’analyse des textes « classiques », reconnus par l’ensemble de la communauté scientifique : l’analyse par Durkheim du suicide, par Max Weber du rapport entre l’éthique protestante et le capitalisme, par Marx du développement du machinisme, par Levi-Strauss des formes de la parenté, et enfin – c’est le seul texte qui n’appartient pas tout à fait au « répertoire » classique - par Edgar Morin de la rumeur d’Orléans. Il peut ainsi mettre en évidence, par delà le découpage habituel des instruments de pensée en paradigmes, théories, concepts, techniques… l’existence de schèmes d’intelligibilité, c’est-à-dire de matrices d’opérations permettant de fournir une explication ou de rendre raison d’un ensemble de faits. Il identifie ainsi six schèmes : le schème causal, le schème fonctionnel, le schème structural, le schème herméneutique, un schème actantiel, le schème dialectique. Loin d’être remis en cause par l’analyse des textes, le constat du pluralisme explicatif, qui était au point de départ de la recherche, se trouve donc renforcé par celle-ci. La compréhension approfondie du fonctionnement de l’intelligibilité du social que procure l’identification des schèmes d’intelligibilité ne résout donc nullement le problème initial de « la crise de la sociologie ». Elle conduit au contraire Jean-Michel Berthelot à poser avec encore plus d’insistance la question qui lui paraît essentielle : « comment la pluralité des schèmes d’intelligence de l’objet peut-elle s’associer avec l’unicité de l’exigence de la preuve ? ».

La réponse qui est donnée dans le dernier chapitre de L’intelligence du social intitulé « La dialectique de la preuve » est fort intéressante en ce qu’elle témoigne toujours du même choix de lier réflexion épistémologique et sociologie de la science. Refusant de se situer dans une perspective normative a priori, Jean-Michel Berthelot reprend les mêmes textes que précédemment pour mettre en évidence la manière dont les auteurs établissent une confirmation empirique de leur discours et montrer par quelles modalités la communauté scientifique contrôle la validité scientifique des travaux. De cette nouvelle analyse surgit l’idée forte selon laquelle la vérité et la preuve ne peuvent être pensées dans un cadre seulement logique. Elles sont les produits et les outils d’une activité sociale spécifique dont l’objectif est l’intelligibilité de la réalité sociale.

Les deux ouvrages publiés par la suite, Les vertus de l’incertitude et L’empire du vrai, ne remettront pas en cause ces acquis. Jean-Michel Berthelot ne changera pas de posture. C’est toujours en sociologue de la science qu’il mettra l’épistémologie à l’épreuve des sciences sociales. Mais il donnera une dimension cumulative à sa réflexion et élargira son propos à l’ensemble des sciences sociales en ne se donnant plus comme objet cette fois-ci de résoudre « la crise de la sociologie » (Boudon 1971), mais de ré-ouvrir, pour mieux la dépasser, la fameuse querelle des méthodes qui à la fin du XIXe siècle avait agité l’Université germanique et avait fait craindre un moment que les Geisteswissenschaften ne soient plus reconnues comme des sciences.

Pour atteindre cet objectif, il faut, et c’est l’objet des Vertus de l’incertitude, reconstituer la totalité du travail de production de connaissance : repartir des langages de donation, ceux à travers lesquels l’objet est tout d’abord saisi, pour arriver au langage de l’exposition finale. Analyse qui conduit nécessairement à s’interroger sur ce qu’est une discipline en sciences sociales, à savoir une construction historique dans laquelle s’effectue la production des savoirs scientifiques, une matrice d’intelligibilité concrète, ayant des formes argumentatives et des structures logiques spécifiques. Appliquée à la sociologie à propos d’un objet particulier en l’occurrence La ville, cette interrogation montre la place qu’y tient l’histoire disciplinaire, l’ensemble des approches, des méthodes, des concepts ainsi que l’insertion dans un contexte social marqué par le développement urbain. Elle montre que la sociologie est une discipline de la thématisation qui lie problématisation et invention théorique sous contrainte de justification empirique, et qui développe de ce fait une pluralité de registres et de styles. Faut-il en déduire que les sciences sociales et la sociologie en particulier sont trop peu unifiées, trop ancrées dans le social, trop porteuses d’incertitude pour que le savoir qu’elles produisent puissent servir à autre chose qu’une instrumentalisation à des fins qui lui sont extérieures ? Bien au contraire, renversant cette perspective, Jean-Michel Berthelot voit dans les sciences sociales, celles qui sont les plus susceptibles, en raison même de la conscience d’incertitude qui est la leur, de fournir aux acteurs sociaux « les éléments d’une problématisation raisonnée du monde vécu » qui augmentent leur capacité d’analyse, de distance critique, d’argumentation. Cette démarche a été prolongée par la suite par un travail original sur les textes scientifiques et sur les études sur la science (2003, 2005)

Bien que fondée sur l’adoption d’une posture analytique qui prend pour objet l’activité scientifique telle qu’elle se fait, la dimension sociale de l’activité scientifique, la réflexion sur la pluralité de l’explication en sociologie, puis sur le travail d’analyse dans les sciences sociales qu’a menée Jean-Michel Berthelot ne le conduisait nullement – c’est visible dès L’intelligence du social - à considérer que les connaissances scientifiques sont des croyances comme les autres, à renoncer au critère de la vérité. Mais ce choix en lui-même n’était pas au coeur de la réflexion et le débat avec les adversaires de cette position à peine esquissé. L’empire du vrai est venu combler ce manque. Comme il l’avait fait auparavant avec les théories de l’École, Jean-Michel Berthelot montre les insuffisances des théories qui s’efforcent de rendre compte de l’activité scientifique. Le logicisme et le naturalisme oublient que la composante sociale est nécessairement présente dans les dispositifs de connaissance et de justification. Le constructivisme reconnaît son existence en mettant en avant les routines, la rhétorique, les controverses, les conflits d’intérêts liés à l’activité scientifique, mais oublie pour sa part la rationalité. Le défi de la sociologie des sciences est donc de parvenir à comprendre comment une théorie scientifique acquière une valeur indépendante des contextes sociaux, comment l’exercice de rationalité est aussi un exercice social. Jean-Michel Berthelot réaffirme un positionnement épistémologique, qui se situe dans le prolongement de Merton et de Weber, assez voisin de celui de Jean-Claude Passeron, et qui pour ne pas être le plus à la mode est probablement partagé par de nombreux sociologues

L’Empire du vrai est malheureusement le dernier texte de Jean-Michel Berthelot. Mais cette œuvre inachevée est cependant, et, c’est une consolation d’un point de vue intellectuel, aboutie. Le caractère cumulatif de la trilogie que constituent L’intelligence du social, Les vertus de l’incertitude, L’empire du vrai, en fait un tout cohérent. Il est donc possible de porter un regard sur cette œuvre sans se livrer à des hypothèses sur ce qu’auraient été les publications ultérieures, et un trait s’impose avec force. C’est l’ambition intellectuelle, présente dès le premier travail académique, et qui a conduit Jean-Michel Berthelot à s’affronter aux problèmes les plus cruciaux que posent les sciences humaines et sociales en tant qu’elles veulent être des disciplines scientifiques. Une ambition dont on peut voir l’origine dans sa formation de philosophe, mais qui a été portée par une exigence et un courage dont Jean-Michel Berthelot témoignait également dans sa vie personnelle. Une ambition servie par une extrême rigueur dans l’analyse dont une des expressions était le recours systématique au formalisme logique. Une ambition qui a permis à Jean-Michel Berthelot de construire une pensée forte, structurée, originale.

Reste à savoir quelle en sera la portée. Il est probablement trop tôt pour savoir si sa contribution à l’analyse de la manière dont les sciences sociales et humaines produisent de la connaissance restera cantonnée à l’univers des spécialistes de l’épistémologie et de la sociologie des sciences ou si elle deviendra une référence majeure dans le débat sur la manière dont les sciences sociales doivent s’inscrire dans le monde contemporain ? Un élément de réponse tient peut-être au positionnement de Jean-Michel Berthelot par rapport à sa discipline. Philosophe « saisi par la sociologie » mais choisissant de consacrer la plus grande partie de son œuvre à l’épistémologie et à la sociologie des sciences, il a quelque peu traité la sociologie comme si elle était une philosophia perennis, échappant au temps. Ses matériaux ont souvent été de grands textes classiques, ce qui n’invalide pas ses analyses sur un plan épistémologique et méthodologique, mais l’a conduit à regarder d’assez loin la sociologie que faisaient ses contemporains, si ce n’est pour rappeler, de manière forte il est vrai, le besoin de connaissance lié à l’incertitude croissante. Ce n’est que dans le domaine de la sociologie des sciences et de l’épistémologie, domaine étroitement spécialisé, qu’il prenait part aux débats actuels. Ce rapport à la discipline, joint au fait qu’il n’a pas voulu tenir un discours normatif, mais analyser le fonctionnement de la discipline, a pu conduire une partie des sociologues dans une période où les sciences sociales connaissaient un fort développement à se sentir assez peu concernés par ses travaux, même si la typologie des schèmes d’intelligibilité, comme c’est souvent le cas des typologies, a connu un succès certain, si son acceptation du pluralisme explicatif était en accord avec la dominante des années 1980, et si ses ouvrages sur la construction de la sociologie (1991), sur l’épistémologie de la sociologie (2000) des sciences sociales (2001), et sur Durkheim (1988, 1995) sont des références pour la connaissance de l’histoire de la discipline. Mais le contexte est peut-être en train de changer. Comme Jean-Michel Berthelot l’a montré dans son dernier ouvrage dont le sous-titre est « Connaissance scientifique et modernité », la remise en cause actuelle de la validité de la pensée scientifique est à la fois un problème social et un problème pour la sociologie ainsi que pour les autres sciences. Si les scientifiques veulent se défendre, face à ceux qui contestent leur capacité à rendre intelligible la réalité, le programme rationaliste qui est implicitement partagé par beaucoup d’entre eux, il faut qu’ils disposent d’arguments, qu’ils comprennent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Cela donne, on le voit, une importance nouvelle à la réflexion sur le rapport de la science à l’action et la justification qui est au coeur du travail de Jean-Michel Berthelot, et « une bonne raison » pour les sociologues comme pour les autres scientifiques de le relire ou de le lire.

Bibliographie :

Berthelot Jean-Michel
1982 « Une sociologie du corps a-t-elle un sens ? » Recherches socio-logiques, vol.XIII, n°1-2, Louvain
1983 a Le piège scolaire, Paris, PUF
1983 b « Corps et société », Cahiers internationaux de sociologie, vol. LXXIV, n°2, p. 119-131
1985, Les sociologies et le corps, Current Sociology, vol.33, n°2, Londres
1987 « De la terminale aux enseignements post-bac : itinéraires et logiques d’orientation », Revue Française de Pédagogie, n°81, p.5-17
1988 (éd.) Émile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, nouvelle édition critique avec notice biographique, index, variantes, précédée d’une étude originale « Les règles de la méthode sociologique ou l’instauration du raisonnement expérimental en sociologie », Paris, Flammarion, coll. « Champs »
1990 L’intelligence du social. Le pluralisme explicatif en sociologie, Paris, PUF, coll. Sociologies d’aujourd’hui
1991 La construction de la sociologie, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? »
1992 « Du corps comme opérateur discursif ou les apories d’une sociologie du corps », Sociologie et sociétés, vol. XXIX, n°2, p.23-36
1993 a École, orientation, société, Paris, PUF
1993 b « Contours et contenus du métier d’enseignant-chercheur. Une approche sociologique », Les enseignants- chercheurs de l’enseignement supérieur : revenus professionnels et conditions d’activité, Documents du CERC, n°105, La documentation française
1995 Durkheim. L’avènement de la sociologie, Toulouse, PUM
1996 Les vertus de l’incertitude. Le travail de l’analyse dans les sciences sociales, Paris, PUF, coll. « Sociologie d’aujourd’hui »
2000 Sociologie. Epistémologie d’une discipline. Textes fondamentaux, Bruxelles, De Boeck
2001 (sdr) Épistémologie des sciences sociales, Paris, PUF, coll. « Premier cycle »
2003 Figures du texte scientifique, Paris, PUF
2005 avec Olivier Martin, Cecile Collinet, Savoirs et savants. Les études sur la science en France, Paris, PUF
2008 L’empire du vrai, Paris, PUF, coll. « Sociologie d’aujourd’hui »

Boudon Raymond
1971 La crise de la sociologie. Questions d’épistémologie sociologique, Genève, Droz
1979 La logique du social. Introduction à l’analyse sociologique, Paris, Hachette, 1979

Bourdieu Pierre, Chamboredon Jean-Claude, Passeron Jean-Claude
1968 Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, Paris, Mouton/De Gruyter

Gurvitch Georges
1950 La vocation actuelle de la sociologie. Vers une sociologie différentielle, Paris, PUF