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AISLF ->>> Mémoire

Claude BEAUCHAMP

Ces derniers mois, les nouvelles reçues de Claude n’ont cessé de passer de l’espoir à l’inquiétude. C’est malheureusement ce dernier sentiment qui s’est avéré juste. Claude nous a quittés… Et les images défilent.
Celle d’un homme chaleureux, d’une bonté sans naïveté. Celle d’un homme engagé et qui fondait son engagement sur son savoir tout autant que sur ses expériences personnelles de vie. Celle d’un ami fidèle et dévoué (que n’a-t-il pas fait, en étroite collaboration avec Daniel Mercure, pour que le Congrès de Québec soit un succès). Celle d’un être aimant la vie et les autres, particulièrement attentif aux « gens d’en bas », pour reprendre l’expression d’un de ses collègues. Celle encore d’un sociologue érudit qui, loin de craindre le terrain, y alimentait ses connaissances. En collaborant avec lui pour l’octroi des bourses pour le Congrès de Québec, j’ai pu mieux mesurer son efficacité et sa sensibilité, sa grande connaissance de l’Afrique et son souci de justice et de transparence. L’avoir connu est un honneur et un bonheur. Que, dans sa peine, Madeleine trouve en cela un certain réconfort.

Liliane Voyé

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Daniel nous apprend le décès de Claude.
J’ai eu la chance, ce mois de septembre lors d’un bref séjour à Québec, de passer deux longs et bons moments avec lui, le second avec la compagnie de Madeleine. Quelle leçon d’amitié et d’humanité quand il me parlait de sa vie, de « son » Afrique, de son travail, de ses amis, de ses petits-enfants. Moments intenses, privilégiés, où nous sommes allés tous les trois à l’essentiel, communiant dans notre désir, face à la mort si voisine (Claude sans doute gardait l’espoir de s’en sortir, tout se sachant tarauder par elle), de donner du sens à nos vies et au moment partagé. Leçon de courage, dans l’acceptation sans résignation de Claude, et dans la présence sans faille de Madeleine.
L’AISLF nous offre un réseau de collègues, un lieu d’échange scientifique. Il arrive de temps à autres que des relations professionnelles au départ s’imprègnent d’estime partagée pour se transformer ensuite en amitié profonde. Tel a été mon privilège avec Claude et Madeleine. Aujourd’hui, je pleure la perte d’un ami. Mais son souvenir est là, bien présent, brillant comme une étoile dans mon petit firmament personnel. Merci, Claude !

Christian Lalive d’Épinay

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La mort de Claude ne m’a pas trouvé au Sénégal. En effet, je suis revenu vers le 2 décembre pour repartir à Nouakchott pour une mission de 2007 que je dois obligatoirement avant le 31 décembre. Je suis actuellement à Nouakchott.
Même si les espoirs sur sa guérison étaient minces, nous ne pensions tous que la mort pouvait ne pas arriver en ce moment.
Bien entendu, je ferai un témoignage et organiserai une journée pour lui dans le cadre des activités du CIERVAL.
Si j’ai connu l’AISLF par Jean Michel Berthelot, c’est Claude Beauchamp qui m’a aidé, encouragé, donné courage pour la continuation de mon action au sein de l’AISLF, notamment en 1986 à Evora lorsque, sage parmi les sages, il a su réunir les Africains pour éteindre à jamais la forte tension qui nous animait et qui pouvait être fatale pour la recherche sociologique en Afrique Sud saharienne. Tous les collègues africains lui doivent cela et je demanderai au GT « Sociétés africaines » d’envisager au Congrès un moment à la mémoire de Claude.

Gora Mbodj