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AISLF ->>> Mémoire

Monique LEGRAND

Aislf 1 / AS Camarde 0
T’as perdu, la Faucheuse. À jamais !
Tu croyais nous la prendre. Égoïste !!!
Mais son rire, rauque, rocailleux, chargé de toutes ses vies et de toutes ces cigarettes volées au temps.
Mais son énergie, inextinguible, irrédentiste, malgré les aléas de la vie (universitaire notamment).
Mais sa générosité, sans faille, sans concession non plus.
Mais son envie de vivre, malgré toi, avec toi, sans jamais te laisser de place.
T’es minable, mesquine, petite. Pas à la hauteur, quoi. Nous la prendre pour si peu !
T’es foutue, t’as perdu. À jamais.


Hommage à Monique Legrand
Monique était mon amie, une amie chère. Nous avons travaillé ensemble, édité des livres, monté des projets, échangé et confronté nos idées. Depuis le Congrès de l’AISLF de Québec nous parcourions le monde de concert. Nous avons hanté New York, Tokyo, Rio, Istanbul, Fez... Nous avons dormi sur des paillasses dans une bergerie de l’Atlas marocain, des motels inconvenants au Brésil, des palaces internationaux parfois. Nous avons été rackettés, volés, mais aussi reçus et choyés. Nous avons rencontré des gens, une multitude de personnes avec lesquelles nous avons mangé, bu, chanté et ri. Monique savait rire et faire rire. Elle le portait sur le visage, son sourire était irrésistible et emportait toujours l’adhésion. C’est aussi pourquoi les nombreuses manifestations qu’elle avait organisées à Nancy étaient d’une rare chaleur et de grande qualité. Elle s’y engageait totalement et tenait toujours ses engagements. Depuis des années elle portait en elle un cancer, sans s’en épancher outre mesure. Je le savais. Je m’en inquiétais parfois. Elle était suivie. Je pensais que ça durerait encore longtemps. Cette amie-là, je la pleure.
Michel Messu


Au nom de l’ensemble du Bureau de l’AISLF
Monique, qui a été élue au Bureau de l’AISLF pour la première fois en 2008 puis réélue en 2012, aimait l’Association et l’Association le lui rendait bien. Depuis longtemps, depuis les années 80 déjà, elle fréquentait assidûment nos Congrès et nos colloques sur tous les continents. Au début des années 90, son implication dans notre réseau s’était traduite par la création avec Christian Lalive d’Épinay d’un groupe sur la sociologie du vieillissement, devenu par la suite « Parcours de vie et vieillissement ». C’est donc une contribution de tout premier ordre qu’elle a apportée à la vie de l’Association, engagement qu’elle a renforcé par la suite en entrant au Bureau. En tant que responsable de groupe, elle a organisé ou co-organisé de nombreuses rencontres, colloques ou journées d’études, initié des programmes de recherche, publié des ouvrages. En tant qu’élue au Bureau, elle a également organisé plusieurs rencontres à Nancy, ville qu’elle a contribué à nous faire connaître et aimer. La dernière s’est tenue il n’y a même pas un an. Mais au-delà de ces qualités scientifiques, ce que nous aimions tous chez Monique c’était sa manière de défendre son point de vue sans mettre les autres en difficulté, sa gaité communicative, son amour de la vie, sa chaleur humaine. Nous garderons d’elle l’image d’une grande voyageuse, d’une femme engagée, volontaire et entrepreneuse (mais sans violence ni agressivité) et le souvenir d’un regard espiègle et toujours tendre et complice. Avec l’AISLF, elle en a traversé des pays, rencontré des visages, laissé des idées... Pour tous ces liens indélébiles, qui comptent tant pour l’AISLF, nous ne l’oublierons pas.
Odile Saint Raymond


Monique,
Au nom de l’Association internationale des sociologues de langue française à laquelle tu as appartenu si longtemps avant d’être toi-même élue au sein de notre Bureau international, et aussi au nom du Comité de Recherche O6 « Parcours de vie et vieillissement » que tu as toi-même créé avec Christian Lalive d’Epinay, je voudrais te dire le vide que tu laisses parmi nous…
Et puis au nom de tous les tiens, tes collègues et amis de la grande communauté des sociologues qui ne comprend toujours pas et s’est réveillée KO au matin du 30 septembre dernier,
Au nom de tous ces mails d’hommage, d’amour et de tristesse qui se sont démultipliés en quelques heures, en provenance de France, de Belgique, du Canada, de Suisse, d’Italie, de Grèce, de Bulgarie, du Portugal, d’Argentine, de Tunisie, du Maroc et d’ailleurs,
Au nom de tous ces visages que tu as croisés aux 4 coins du monde, de ces heures de vol, de ces files d’aéroport, de ces accolades lors de nos retrouvailles,
Au nom de toutes ces pages, ces mots, ces livres, ces articles, ces projets communs, ces colloques merveilleusement organisés, ces débats,
Au nom de toutes ces joies, de tous ces sourires et fous rires partagés, ces échanges de regards complices,
Au nom de ces heures passées en discussions
Au nom de ces valeurs de respect, de tolérance, d’écoute de l’autre,
Au nom de tous ces liens indélébiles que tu laisses à jamais entre nous Au nom des chants des cigales que tu appréciais tant dans ton jardin à Sanary,
Au nom de Portissol, des vagues et du soleil couchant,
Au nom de la bise d’été quand elle devient vent du nord et souffle tant de sable sur juillet,
Oh nom de Dieu, Monique, qu’est-ce que tu vas nous manquer ! Toi qui étais si prude et ne parlais pas de maladie, toi qui étais, avec nous, tellement dans la vie, mais putain la vie... !
Didier Vrancken
Président de l’AISLF


MONIQUE
Elle était aussi d’ailleurs
Elle était bien d’ici
Elle y est encore
Son chemin passe par les autres
Son rire ouvre les portes et les fenêtres
Elle aime toujours trop
Sa voix fumée folle
Secoue nos pensées
Ses yeux lumière
Imaginent demain
Partir revenir
De l’autre côté de la réalité
Ventre à terre
André Petitat
Président d’honneur de l’AISLF