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L’Homme et la société, « A quoi servent les droits d’aujourd’hui ? »

31 mai 2017

La revue L’Homme et la société lance un appel à contributions sur le thème « A quoi servent les droits d’aujourd’hui ? »

Date limite de proposition : 31 mai 2017

Thématique

La multiplication présente des droits, leur production continue, leur caractère fondamentalement inédit constituent des phénomènes nouveaux ; promus et revendiqués à un niveau immédiatement global. Faisant l’objet de campagnes organisées et financées, les droits, dans leur croissance exponentielle, interpellent la réflexion. Ces droits sont en effet autant des mobilisations de subjectivités à divers niveaux subversives, que des supports d’intervention internationale des Etats puissants. De Soljenistine à Aung Sun Kyi, on mesure comment les grandes organisations comme Human rights watch, Amnesty International et les fondations philanthropiques ont participé activement à la construction de figures de dissidents essentielles à la reconfiguration des rapports politiques internationaux. Aujourd’hui où la menace se concentre sur l’islamisme radical, fomenteur d’attentats, les « dissidentes de l’islam », agissant de l’intérieur des pays musulmans, y sont comparables avec le personnage pionnier de l’écrivaine bangladeshie Taslima Nasreen ou la jeune pakistanaise Malala Yousafzai.

Les évolutions historiques des droits apparaissent donc majeures, depuis la guerre froide jusqu’à maintenant et constituent la trame de ce futur volume de L’homme et la société. Rappelons en effet que les droits dits de l’homme furent un enjeu premier de confrontation entre le monde pensé à l’époque comme « libre » et le bloc communiste et que les droits à l’autodétermination ont muté de façon déterminante depuis les décolonisations, les victoires des droits civiques, jusqu’à leur inscription dans les questions indigénistes et celles des peuples autochtones.

Les droits des enfants et plus largement de toutes les entités du « vivant » (hommes mais aussi animaux) et de la nature, au nom d’une éthique respectueuse de l’autre quel qu’il soit, illustrent présentement les nouveaux prismes de la notion de droit dans un contexte global. En revanche, le droit du travail est sans doute la pièce que l’on cherche à faire disparaître partout et les droits des migrants peinent à être reconnus.

N’oublions pas sous, un autre angle, que les droits de l’homme, qui sont la formulation la plus abstraite des droits sectoriels actuellement démultipliés, ont légitimé l’action humanitaire contemporaine et en particulier le fameux « droit d’ingérence », si problématique, dont l’usage immodéré a engendré de nombreux conflits. Ceux-ci mettent toujours à mal l’ambition de créer un « droit humanitaire » capable de maitriser la « raison du plus fort ». L’action humanitaire met en scène un « droit à la vie » qui pose aussi de multiples questions.

Ce numéro envisagera donc la multiplicité des pistes que suggère la notion de droit au singulier et au pluriel et les faisceaux de contradictions qu’elle nourrit. Des logiques divergentes se télescopent en effet à la fois dans les revendications observables et l’émergence de tous les droits, tant macro que microsociaux, dans leur étendue, leur ambition et les populations de leurs détenteurs. Une telle dotation de droits, qui semble fréquemment occulter le retrait d’autres droits par les Etats, est aussi affirmée que sont visibles la violence et la misère du monde aujourd’hui.

Modalités de soumission

Les articles d’une longueur maximum de 70 000 signes, espaces et ponctuation compris peuvent être adressés à Judith Hayem, Bernard Hours ou Monique Selim avant le 31 mai 2017.

Télécharger l’appel complet.