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Le « Musée cosmopolite » : une exigence dans un monde globalisé ?

15 juillet 2017

Dans le cadre d’un ouvrage qui sera publié par les Presses Universitaires de Rouen et du Havre (PURH), un appel à contributions est lancé sur le thème Le « Musée cosmopolite » : une exigence dans un monde globalisé ?

Date limite de proposition : 15 juillet 2017

Thématique

Le « musée universel », cher à André Malraux, est un modèle occidental de musée qui propose à ses visiteurs l’ensemble des « objets témoins de culture » de la planète. Il prend forme dans le contexte des cultures nationales, occidentales, de leur marchandisation et de leur politique économique. Le musée durable, soucieux de développement solidaire, envisage ses collections sur le long terme et de concert avec les peuples du monde. Le « musée cosmopolite », concept que nous proposons dans le cadre de cette réflexion, est d’abord politique. Il partage l’utopie d’un musée sans frontières et postule la déterritorialisation des cultures ou du moins la mise à disposition pour tous les publics, où qu’ils soient, et quels qu’ils soient, des collections muséales.

Il s‘agit, donc de réfléchir au devenir des musées dans un monde globalisé et qui voit les échanges Nord Sud et Est Ouest confrontés à une nouvelle donne culturelle. La mise en circulation généralisée des objets-témoins de culture est-elle possible et à quelles conditions ? Le patrimoine culturel n’apparaît-il pas comme le vecteur de nationalismes de tous bords ? Peut-il s’affranchir des frontières des états nations ? Les textes qui seront réunis pour cet ouvrage, écrits par des professionnels des musées, des scientifiques et des politiques, tenteront de répondre à ces questions à partir de l’état actuel des relations interculturelles et de leurs métissages à l’âge post-colonial, également à partir des nouvelles politiques muséales nationales et internationales qui se mettent en place.

Le décalage à l’heure d’internet entre les communautés culturelles et les communautés définies dans le cadre de territoires nationaux oblige à redéfinir les cultures et leurs contours. Les objets muséaux sont, quant à eux, selon le droit français, propriété de l’état et incessibles. Cette spécificité du droit national renvoie l’appartenance des objets-témoins de culture et propriété des musées à une aporie : l’universalisme prôné haut et fort dans le contexte français n’est-il pas un leurre de plus dans la politique post coloniale menée par les occidentaux et parmi eux la France ? Mais chaque état possède à ce propos un système législatif différent et des solutions variées face à cette nouvelle donne. Le point de vue exposé par Hamady Bocoum, historien, à propos de la création à venir du musée des civilisations Africaines à Dakar est juste. Les cultures vivantes s’opposent aux cultures objectivées dans les objets d’art. Les premières insistent sur la dimension spirituelle et ineffable de l’art, les secondes visent à la marchandisation de l’art, qui s’adosse sur la légitimité muséale. Les états africains nés lors des indépendances, et les peuples autochtones, dans les Amériques et en Océanie, réclament aujourd’hui la restitution d’œuvres d’art et d’objets patrimoniaux acquis lors des invasions coloniales et après, par les occidentaux, parfois en dépit du droit. Ces demandes de restitutions deviennent, par leur répétition, plus qu’un cas d’école pour les juristes, les sociologues et les politistes. Comment instaurer un statu quo à leur propos qui permette des relations plus équilibrées entre les musées du Nord et du Sud ?

La perspective développée par Anthony Appiah se révèle salutaire : ne doit-on pas réfléchir selon une logique inédite qui consisterait, peut-être, à « dénationaliser les cultures » ? En ces temps troublés dans lesquels certains nationalismes exacerbés refont surface, il s’avère urgent de repenser à la fois les termes politiques de la notion de culture mais aussi la dimension philosophique de celle-ci : la crise de la culture décrite par Hannah Arendt et Theodor W. Adorno n’est sans doute pas derrière nous mais devant. Sociologues, juristes et politistes possèdent les outils scientifiques permettant de remettre à l’étude les incompréhensions que tissent la notion de culture et celle des objets témoins qui l’objectivent. Ousmane Sow Huchard, anthropologue et acteur culturel, a bien décrit à quoi servent les objets-témoins de culture et de quelles incompréhensions, ils sont parfois l’objet.

C’est en reprenant ses analyses à propos du musée responsable que l’on souhaite, ici, inviter à une autre réflexion sur le musée et à un décentrement du regard afin d’envisager le musée de demain. Musée universel dit-on ? Les études de cas sont vivement souhaitées.

Modalités de soumission

Date-limite des contributions : 15 juillet 2017, délai de rigueur.
Envoi d’un résumé d’intention : 15 avril 2017 (5 lignes suffisent)

Merci de respecter précisément les normes d’écriture (leur non-respect entrainerait le non examen des contributions proposées) :

  • Longueur maximale des textes : 15 pages ;
  • Illustrations : nous souhaitons, dans la mesure du possible, que les contributions soient accompagnées d’illustrations de bonne qualité (300 DPI) et dont le copyright est vérifié, la collection Arts dans la mondialisation étant une collection académique avec illustrations. Chaque illustration doit être accompagnée d’un titre, de nom de l’auteur, des indications techniques s’il s’agit d’une reproduction d’œuvre d’art (titre, date, dimensions, technique utilisée) ;
  • Résumé : un résumé de l’article de 5 lignes doit être proposé en français et/ou en anglais, ainsi que 5 mots clés ;
  • Présentation de l’auteur de 3 lignes : titre, institution de rattachement, champ de recherche, dernière publication.

Les propositions sont à envoyer à Odile Blin et Saliou Ndour.

Télécharger l’appel complet.