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Travail, santé, précarité. Les transformations contemporaines des métiers des secteurs de la santé et du social à l’épreuve du sens

15-17 mars 2017, Loos (France)

Un colloque est organisé du 15 au 17 mars 2017 à IRTS Hauts de France Site Métropole Lilloise Rue Ambroise Paré, 59373 Loos (Lille) sur le thème « Travail, santé, précarité. Les transformations contemporaines des métiers des secteurs de la santé et du social à l’épreuve du sens ».

Depuis plusieurs années, les métiers du soin et du travail social ont connu des évolutions importantes de leurs conditions d’exercice. Ces transformations sont d’abord relatives aux dispositions en matière d’action médico-sociale introduites par les nouvelles législations.

Cette nouvelle gestion publique (new public management) fait écho avec l’épuisement de l’État providence. En effet, si les États Providence européens sont nés comme réponse, d’une part, aux révolutions industrielle et démocratique, et, d’autre part, à la question sociale résultant de la tension entre l’égalité juridico-politique formelle et la réalité des inégalités socio-économiques réelles, sa crise se traduit par un rapprochement des différents systèmes construits par les États, dont on peut rappeler simplement quelques traits : activation des dépenses dites passives, responsabilisation des ayant-droit, financement par l’impôt, difficulté des équilibres financiers, marchandisation des services collectifs…

Approfondir ce diagnostic nécessite de le confronter aux évolutions réelles des rapports sociaux au sein d’une économie mondialisée et de ses répercussions sur les modes de subjectivation. La figure de l’individu autonome entre désormais en conflit avec les mécanismes de la solidarité et, pour reprendre les analyses de Marcel Gauchet, conteste les institutions qui l’ont rendu libre. Les termes mêmes de société et de solidarité deviennent obsolètes au profit de représentations affaiblies comme l’humanitaire ou le « care ». Les inégalités sociales deviennent illisibles en se fragmentant en différences individuelles, valorisées comme modèle culturel dominant d’être au monde, et parfois reprises dans des collectifs malléables et temporaires d’identifications tribales ou communautaristes. L’anonymat des forces auxquelles l’individu s’affronte, l’incertitude face à l’avenir, dont le « présentisme », et le « bougisme mystificateur », stigmatisés par Pierre-André Taguieff, sont le symptôme ; les métaphores creuses de la perte de sens ou de lien, produisent une sorte de rapport désespéré au politique comme capacité de construire quelque chose comme du commun, de la maîtrise, bref, ce qu’on appelait naguère, sinon une société, au moins du social, ou de l’être ensemble qui ait un sens pour chacun. Pour rendre compte de cette conjoncture de nouvelles catégories de la pensée apparaissent la souffrance sociale, l’exclusion, montrant la dimension profondément subjective de la question sociale contemporaine. Face aux protections qui se défont, l’individu est appelé à donner de lui-même : pas de secours sans contrepartie, pas de service sans argent, pas de reconnaissance sans réussite de soi-même.

Face au constat de la déliquescence de la protection sociale et de l’intervention sanitaire et sociale auprès des usagers, nous proposons, à l’occasion de ce colloque, de nous pencher sur l’expérience des « acteurs de première ligne » que représentent aujourd’hui les professionnels des métiers du soin et du travail social.

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