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Ethnographies et engagements

30 mai 2017

Dans le cadre d’un colloque qui se tiendra à Mont-Saint-Aignan les 9 et 10 novembre 2017, un appel à communication est lancé sur le thème « Ethnographies et engagements ».

Date limite de proposition : 30 mai 2017

Thématique

Depuis ses débuts disciplinaires, l’ethnographie a « matière à faire » avec l’engagement ; que ce soit dans l’accompagnement historique de la phase de colonisation, dans la critique portée à son encontre ou dans la lecture des phénomènes postcoloniaux. Mais c’est aussi dans sa façon particulière d’accéder à la connaissance et aux savoirs que l’engagement est au centre de l’ethnographie, entendu au sens d’un mode d’élaboration du savoir par la transformation du visible en texte, une « écriture du voir ». Dans la pratique ethnographique, l’engagement se décline au moins de deux façons : nous retiendrons ici les engagements de l’ethnographie ou de l’ethnographe, en questionnant dans quelle mesure cette pratique engage le chercheur ou sa discipline, et les ethnographies de l’engagement, en interrogeant les façons dont les chercheurs ont étudié des pratiques et des discours qualifiés d’engagés. Les tensions entre ces régimes de l’engagement sont elles-mêmes constitutives d’étapes marquant l’ethnologie et l’ethnologue comme le montre Vincent Debaene.

Ainsi l’engagement se retrouve exprimé dans l’ensemble des phases de l’ethnographie. Les modalités de cet engagement interrogent la pratique scientifique et académique ainsi que le rôle social du chercheur en revisitant, voire en remettant en question, le concept de « neutralité axiologique » forgé par Max Weber. C’est souvent en cela que l’engagement dans la pratique scientifique fait débat, poussant généralement à la mise en place d’une dialectique entre l’engagement et la distanciation ou l’immersion et le décentrement.

Si le statut scientifique de l’ethnographie a donc pu être discuté et remis en question, une rigueur scientifique propre aux démarches qualitatives et ethnographiques est dorénavant défendue. Et la réflexivité grandissante des chercheurs offre de multiples voies de restitution sur les engagements des chercheur·e·s dans la pratique ethnographique qui participe du processus de légitimation de ces recherches.

Au plan des disciplines, les recherches sur l’engagement, ses modalités et ses régimes ont alimenté nombre de travaux en anthropologie, en sociologie, en STAPS, en sciences de gestion, en arts et esthétique. Ainsi, ces manières de produire de la connaissance via l’engagement des chercheurs sur leur terrain, est d’autant plus spécifique qu’elle touche bien souvent des objets, groupes, cadres sociaux qui nécessitent de « se donner » pour y avoir accès. Pour le dire autrement, les choix de terrains a priori difficiles d’accès, sont souvent en lien avec des groupes engagés… Que ce soit l’étude des rapports ethniques dans des temps forts de la mondialisation, ou des ethnographies sur des terrains sensibles voire « minés », des travaux où le corps est mis en jeu, voire en péril l’engagement chercheur/objet est toujours, en pareil cas, un thème central de l’ethnographie proposée.

Au final, la question fondatrice de ce colloque est d’une certaine manière de savoir s’il existe véritablement une ethnographie sans engagement tant il semble consubstantiel à l’esprit même de la démarche. Ce colloque propose donc de mettre en lumière les multiples modalités de l’engagement selon les phases et les temporalités de l’ethnographie, selon les disciplines et les pratiques, selon l’expérience des chercheur.e.s et selon les terrains.

La question de l’engagement dans la pratique ethnographique questionne ainsi non seulement les frontières du savoir (processus de productions et de valorisation de la connaissance) mais aussi l’autonomie des chercheur.e.s au regard des divers rapports de pouvoir que suscite une activité scientifique, et des enjeux sociaux multiples, notamment liés à la vie de la cité. Afin d’organiser ces débats dans des contributions et sessions du colloque, trois axes de travail sont proposés :

  1. L’engagement au regard des disciplines ;
  2. Les engagements dans la pratique ethnographique ;
  3. Les terrains privilégiés de l’engagement.

Modalités de soumission

Le dépôt des communications s’effectue directement sur le site Internet.

  • Soumission d’une communication (date-limite : 30 mai 2017). La proposition de communication doit se composer d’un titre, d’un résumé de 3 000 signes maximum (bibliographie incluse) et de mots-clés.
  • Soumission d’un résumé détaillé (pour les communications sélectionnées - date-limite : 15 octobre 2017). Le résumé détaillé doit se composer de 10 000 signes maximum (bibliographie incluse). Il est destiné à la publication numérique d’actes en amont du colloque.

Télécharger l’appel complet.