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Jeudi 23 mars 2017, 01h13

Source : http://www.aislf.org/spip.php?article3300

L’Homme et la société, « Sexualités minoritaires. Expériences subjectives, communautés érotiques, et politiques de reconnaissance » 27 mars 2017

La revue L’Homme et la société lance un appel à contributions sur le thème « Sexualités minoritaires. Expériences subjectives, communautés érotiques, et politiques de reconnaissance ».

Date limite de proposition : 27 mars 2017

Thématique

L’organisation sociale des sexualités minoritaires est travaillée depuis maintenant plusieurs décennies par deux processus conjoints et complémentaires. Politiques de l’égalité d’abord : contre l’hétéronormativité conjugale et reproductive, l’époque contemporaine est le théâtre d’une multiplication des revendications à la déstigmatisation, la dépathologisation, la décriminalisation, et la normalisation sociale de pratiques sexuelles diverses. Politiques de l’identité ensuite : ces revendications s’accompagnent d’une transformation des différentes communautés sexuelles elles-mêmes, que ce soit sous la forme d’innovations relatives (la communauté « asexuelle » – ou « ace » –, la communauté « polyamoureuse », etc.), ou de reconfigurations conceptuelles et identitaires.

Exemple. L’appellation traditionnelle « SM », pour « sadomasochisme », va, à partir des années 1990, progressivement être supplantée par un acronyme plus large, le « BDSM » (« B/D » pour « Bondage et Discipline », « D/s », pour « Domination et Soumission », « S/M » pour sadomasochisme) afin d’essayer d’unifier sous un même label tout un ensemble de pratiques érotiques (bondage, fessée, etc.) pratiquées au sein de différentes communautés érotiques minoritaires ; il s’agit ici de chercher à mettre en avant ce qui unit ces communautés et ces pratiques plutôt que ce qui les distingue, à savoir une forme d’échange contractuel de pouvoir utilisant la douleur, la contrainte, l’humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène, sexuel, ou amoureux. D’autres désignations alternatives ont été plus récemment promues, tels que le peu connu « EPE », pour Erotic Power Exchange, ou surtout « Kink », qui est devenu un quasi-synonyme de « BDSM ». Aux yeux de ses promoteurs, le terme « Kink » présente deux avantages qui expliquent sans doute une part de son succès contemporain, et surtout qui illustrent bien l’imbrication des efforts de déstigmatisation et des reconfigurations identitaires. En effet, « Kink », moins catégoriel que « BDSM », est inclusif en ce sens qu’il peut désigner toute pratique érotique non « vanille » – la sexualité vanille étant précisément définie comme une « sexualité conventionnelle » et génitalo-centrée ; ensuite, le terme « Kink », contrairement à « BDSM », est définitivement délesté dans sa terminologie de toute référence au « sadomasochisme », aux relents pathologisants depuis l’invention du terme par le psychiatre austro-hongrois Richard von Kraff-Ebing en 1886.

Ce dossier entend donc étudier, sur la base de contributions empiriquement informées, les transformations symboliques, politiques et physiques des sexualités minoritaires, au point d’articulation de trois ensembles de phénomènes :

  1. Les sexualités minoritaires comme expériences subjectives et la question de leur comparabilité ;
  2. Formation et transformations des communautés sexuelles ;
  3. Les types de torts et la forme des luttes.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles, sous forme de résumés d’une page, expliciteront leurs objets, méthodes et résultats, et indiqueront la manière dont les auteur.e.s entendent articuler (ou pas) ces différents axes.

Ces propositions peuvent être envoyées jusqu’au lundi 27 mars 2017 à Gilles Chantraine et Gwénola Ricordeau.

Télécharger l’appel complet.