Association internationale des sociologues de langues française Association internationale des sociologues de langues française

Jeudi 23 mars 2017, 01h17

Source : http://www.aislf.org/spip.php?article3342

Penser et agir la formation dans les pays du Maghreb Brahim Labari et al. (dir.)

Brahim Labari et Abdelhak Bel Lakhdar (dir.), Rabat, Université Mohamed V, Penser et agir la formation dans les pays du Maghreb, 2017.

Le livre dresse un état des lieux comparé des avatars des systèmes de formation dans les trois pays du Maghreb central (Maroc, Algérie, Tunisie) et rend compte analytiquement des opportunités d’employabilité et les maux inhérents à la société salariale dans cet ensemble aux caractéristiques si différentes et si proches à la fois. La relation dialectique entre l’éducation, la formation et l’emploi est analysée, et ce quel que soient les aménagements des politiques ‘’nationales’’, à travers des indices majeurs transversaux, telle la situation de la femme dans ces sociétés toujours considérées comme « patriarcales », ou à l’aune du degré de vulnérabilité de diverses classes sociales. Si l’on ajoute à ces constantes sociétales les mutations qui s’imposent aussi bien de l’intérieur (l’irruption – souvent violente − de la ‘’rue’’ comme source ou menace de revendication, les soucis de gouvernance de territoires où la paix et les équilibres sont de plus en plus difficiles à négocier…) que de l’extérieur (choix stratégiques de formation, souvent cruciaux, dans un contexte méditerranéen ou mondial…), l’enjeu de la formation s’est avéré à la lumière des différentes contributions comme une entrée heuristique pour appréhender et comprendre les transformations des sociétés maghrébines, Ces dernières ont eu à composer avec un cercle bien moins vertueux que les revendications du bien hibernal ‘’printemps arabe’’. Ces sociétés sont acculées, du fait des pesanteurs du processus de la mondialisation, à conquérir les équilibres économiques rêvés, mais nul équilibre, soutiennent les contributeurs à cet ouvrage, n’est possible sans les compétences idoines, pour lesquels les moyens font souvent défaut, en dépit des efforts consentis par les États.

Bahim Labari est membre de l’AISLF.