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Dimanche 20 octobre 2019, 10h26

Source : https://www.aislf.org/spip.php?article3786


La sociologie et la philosophie menacées au Brésil

Suite à la décision annoncée le 26 avril 2019, par le président du Brésil et par son ministre de l’Éduction, de mettre fin au financement fédéral de la sociologie et de la philosophie dans les programmes des universités brésiliennes, un appel international pour la défense de ces deux disciplines et pour la liberté de l’éducation a été lancé. L’AISLF relaie ici cette pétition, à laquelle chacun·e peut s’associer.

Voici le texte de l’appel international « La sociologie et la philosophie sous la menace au Brésil. L’Éducation comme ressource économique et valeur démocratique » :

« Le 26 avril 2019, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, confirmait sur Twitter ce que le Ministre de l’Éducation, Abraham Weintraub, avait annoncé la veille : le plan de son gouvernement de mettre fin au financement fédéral des programmes universitaires de sociologie et de philosophie. Dans ces domaines, les futurs étudiants devront payer pour leur propre formation. Alors que le Ministre inscrit son action dans la foulée de celle du Japon en 2015, le Président insiste pour que l’enseignement supérieur se concentre sur les basiques : lire, écrire, compter, et qu’au lieu des humanités, que l’État fédéral investisse dans des domaines qui rapportent immédiatement aux contribuables, tels que les écoles de médecine, de médecine vétérinaire et d’ingénierie.
« Provenant de divers pays, les signataires de cet appel public mettent en garde contre les graves conséquences de telles mesures ; un telle action a notamment conduit le gouvernement du Japon à reculer suite au tollé national et international. Primo, l’éducation en général, et plus particulièrement l’enseignement supérieur, ne peuvent susciter des rendements immédiats ; il s’agit d’un investissement national à long terme pour le futur des jeunes générations. Secundo, les économies modernes n’exigent pas que des techniciens spécialisés ; nos sociétés ont besoin de citoyens ayant profité d’une solide formation intellectuelle générale. Tertio, dans nos sociétés démocratiques, les politiciens ne doivent pas décider ce qui constitue une bonne ou une mauvaise science. L’évaluation des savoirs et de leur utilité ne devrait pas être conduite au nom de sa conformité aux idéologies dominantes.
« Les sciences humaines et sociales ne sont pas un luxe ; une pensée critique sur le monde et une solide compréhension de nos sociétés ne doivent pas être l’exclusive des nantis. En tant qu’universitaires en divers domaines, nous sommes profondément convaincus que nos sociétés, incluant celle du Brésil, ont besoin de plus d’éducation et non son contraire. Une intelligence collective est tout autant une ressource économique qu’une valeur démocratique. »

Voir l’appel original en anglais

Signer l’appel international


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