Introduites tardivement en France, les études postcoloniales y ont été l’objet de vives attaques et ont difficilement trouvé leur place au sein de l’université. Parce que l’approche postcoloniale s’est développée dans l’espace anglophone, elle a été considérée comme un phénomène d’importation, alors même que le philosophe et politologue camerounais Achille Mbembe dans son livre De la Postcolonie, s’interrogeait dès 2001 sur les impasses de la théorie sociale, incapable de penser les évolutions/révolutions du monde contemporain.
Dans l’approche postcoloniale que propose le GT33, il ne s’agit pas de considérer que les décolonisations ont constitué une rupture et le passage à une ère des « indépendances », mais au contraire de poser que la colonisation n’a cessé non seulement de marquer les rapports politiques et sociaux au Nord comme au Sud, mais aussi de structurer les modes de connaissance et de rapport au monde. On parle ainsi de « colonialité du pouvoir » ou de « colonisation du savoir ». L’approche postcoloniale a permis de mettre à jour l’impensé colonial encore très largement présent dans les sciences sociales, tout comme la critique féministe avait rendu visible l’impensé androcentré. Elle pose ainsi des questions épistémologiques majeures :
Le GT33 compte actuellement 22 membres
M. Emmanuel BANYWESIZE MUKAMBILWA -
Professeur titulaire - Sociologie
Université de Lubumbashi - Faculté des lettres et sciences humaines - LUBUMBASHI, Congo (Rép. dém.)
Mme Sonia DAYAN-HERZBRUN -
Professeure émérite - Sociologie
Université Paris Diderot - CSPRP - PARIS, France
M. Jean Waddimir GUSTINVIL -
Chercheur - Philosophie
Université d'État d'Haiti - LADIREP - PORT-AU-PRINCE, Haïti
Mme Warda HADJAB -
Chercheure associée - Sociologie
EHESS - CESPRA - PARIS, France